Pour détourner le célèbre adage de Jacques Séguéla, « Si dans ta vie tu n’as pas été produit par Danger Mouse t’as raté ta carrière de musicien ». Voilà ce qui pourrait s’appliquer en ce moment au monde de la musique tant depuis des années c’est le producteur dont tout le monde parle, mais plus encore car chaque album qu’il produit se transforme en légende. En effet ce ne sont ni Gorillaz, The Black Keys, Beck et très prochainement Norah Jones qui vous diront le contraire.
Du fait, même si les deux premiers extraits dont nous vous avions déjà parlé (« American Daydream » et « This Head I Hold ») nous avaient déjà convaincu de tout le talent d’Electric Guest, savoir que Mondo était produit par Danger Mouse ne pouvait que finir cette entreprise de séduction.
Pour être totalement honnête, c’est toute fois avec une petite boule au ventre que nous nous sommes lancés dans la première écoute de l’album. Electric Guest ne serait pas le premier groupe à nous enchanter sur des extraits et nous accabler sur un album entier. Le temps de 28 secondes le cauchemar tant redouté se réalise, ceux qui me fréquentent connaissent mon aversion pour le synthé 80’s. Heureusement, 28 secondes c’est exactement le temps que met Asa Taccone pour venir poser sa voix sur cet air qui m’était jusque-là irritant. Finalement la guitare en fond permet à chacun des poils de mon corps de s’assouplir aussi vite que le jugement que je porte pour « Holes » qui malgré une introduction difficile restera comme un très bon morceau.
Rassurez-vous dès maintenant, la liste des mauvaises surprises s’arrête ici car de suite on enchaine sur « This Head I Hold » et encore mieux, on tombe amoureux sur « Under The Gun » qui sans contestation possible rentre dans le top 5 des morceaux de cet opus. On pourrait se dire que faire un top 5 pour un album de 10 pistes c’est un peu juger sans trop se mouiller, mais en réalité extraire 5 pistes est déjà chose ardue car chacun des titres détient sa propre puissance, qu’elle soit musicale, vocale ou les deux en même temps. Impossible de ne pas résister aux cœurs et à la basse dansante d’« Awake » ou « The Bait », ne pas verser une larme sur les paroles d’« Amber » et « Troubleman ». Le mieux dans tout ça c’est que Mondo s’écoute aussi bien d’une traite que chaque morceau possède sa puissance tubesque et peut-être extrait pour une écoute répétée comme pour une playlist.
Electric Guest et Danger Mouse signent avec Mondo l’album le plus abouti qu’il nous a été donné d’écouter jusque-là en 2012 ; une production léchée où chaque accord, chœur, rythme joue un rôle important et millimétré dans le morceau. La voix presque instrumentale d’Asa Taccone devrait sans aucun doute squatter les radios du monde entier pendant de longs mois car s’il est encore trop tôt pour lui donner le titre d’album de l’année, il n’en est pas moins déjà l’album du printemps.












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