Mercredi 19 Juin 2013

Mardi, 24 Juillet 2012 13:31

(DVD) Détention - Joseph Kahn

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Peu d’entre nous connaissent Torque, ce film qui reprenait le principe de Fast & Furious en l’adaptant à des motos. On ne saurait que trop leur pardonner. Son réalisateur, Joseph Kahn, également, puisqu’il ouvre son deuxième film en faisant clairement référence à son premier film comme un échec. Réalisateur de clips, ayant officié sur le Toxic de Britney Spears, Joseph Kahn se paye donc le luxe – 10 millions de dollars quand même – d’autoproduire Détention que vous pourrez vous procurer directement en DVD le 8 août prochain.

Le film de Joseph Kahn est un étonnant objet. Parce qu’il est autoproduit – on pense également au film de Tarsem, The Fall, également autoproduit – le cinéaste peut se permettre d’aller aussi loin qu’il le veut, sans pression, juste celle de son imagination. Le film est donc un mélange de nombreux genres de cinéma : l’horreur tout d’abord avec une intrigue de slasher qui court le long du film – on cite d’ailleurs Scream en référence aux meurtres, un teen-movie – pas ou peu d’adultes à l’horizon, une romance et de la science-fiction. Le tout est secoué violemment au shaker pour donné une impression d’inédit, d’un objet véritablement non-identifié qui, loin d’être un grand n’importe quoi, suit parfaitement sa ligne, toujours tenu par un scénario que l’on penserait intenable.

Le film s’ouvre sur une lycéenne se proclamant être une BITCH : Beauty Intelligence Talented Charismatic Hoobastank. Le ton est donné. Le film va alors entré dans une spirale qui ne s’arrêtera qu’au générique. Utilisant à fond la carte de la nouvelle technologie, le film fait apparaître sur l’écran diverses informations comme des textos mais aussi des extraits de wikipédia, à tel point qu’il est des fois difficile de savoir quoi lire et quoi regarder. C’est pourtant la plus brillante représentation de la société dans laquelle nous berçons : une société saturée d’images et de sons, de publicités et d’informations. La lycéenne, comme dans tout prologue de slasher, se fait copieusement assassiner par un tueur masqué faisant référence aux différents « torture porn » qui ont déferlé sur nos écrans avec notamment la série des Saw. Mais Sangdrillon – c’est son nom ! – donne un coup de pied dans l’immoralité et se rapproche d’un Dexter cul-cul qui tue car on a couché avant le mariage. Tueur au don ubiquité, il va jalonner le film d’apparitions inattendues, créant le fil qui maintient le film de bout en bout. Mais à un tueur doit faire face un héros et le film, comme beaucoup d’autres, propose une héroïne : Riley, cible rejetée de tous car elle ne correspond pas aux critères de la victime traquée. En effet, elle n’est ni belle, ni populaire. Le film se permet donc, comme son plus grand modèle le déjà cité Scream, d’éplucher ses prédécesseurs.

Mais revenons à Riley.

Véritable looseuse – Vous aussi, vous avez la même couette Ikéa, j’en suis sûr ! – Riley n’est clairement pas la star du lycée. Elle se fait draguer par le mec qu’elle ne convoite pas, elle est amoureuse de son meilleur ami qui sort avec sa meilleure amie, bref, rien ne va. Le film ne fait pas dans la dentelle avec ses personnages : il en accentue clairement les stéréotypes et les assume plus qu’il ne les subit comme Marcus Nispel l’avait fait dans son excellent remake de Vendredi 13. On a tous connu au lycée les différents personnages que l’on croise : l’intello, la potiche, le mec cool en skate, la gothique…j’en passe et des meilleures. Si bien que l’on entre très facilement dans le monde que nous propose Joseph Kahn. Il se permet donc d’installer de manière assez habile les différents éléments de son scénario et ce, dès l’ouverture, ne perdant pas de temps et le film, de manière assez efficace, dévoile ses nombreux effets comiques, les enchaînant jusqu’à l’outrance, ne laissant aucun répit à son spectateur. Plus déjanté que ne l’était Kaboom de Gregg Araki, à qui le film fait immédiatement penser, le cinéaste réussi à faire avaler des couleuvres au fil de sa narration, utilisant le procédé des chapitres comme ponctuation et détaillant ainsi différentes histoires qui se recoupent forcément.

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Pourquoi Détention ? Le film prend en effet pour cœur la retenue de différents élèves, soupçonnés du meurtre de leur camarade parce qu’ils apparaissent sur une vidéo prise pendant une soirée et le tueur est forcément l’un d’eux. Le film propose l’un de ses meilleures séquences lorsqu’un élève, en retenue depuis 19 ans, essaye de se rappeler comment il est arrivé là : on remonte alors le temps dans un travelling circulaire où la musique et les vêtements des élèves en retenue changent selon l’époque. On se retrouve alors, comme dans un jeu vidéo et comme des gamins, à attendre le niveau supérieur. Car le film propose clairement une expérience émotionnelle plus que réflective : on est face aux films qui ont bercé notre adolescence et on en retrouve avec bonheur intuitivement les références – Retour vers le futur, Donnie Darko,…

En clair, Détention vous permettra de prendre votre pied. Toujours drôle, déjanté, le film est une véritable explosion de sensations, de générosité, entièrement tourné vers son spectateur, qui aurait peut-être pu gagner en sensibilité – on entrevoit le potentiel du film dans la savoureuse scène de skate-board que je vous laisse découvrir – mais qui, grâce au charme de ses jeunes acteurs - Shanley Caswell et Josh Hutcherson en tête, à sa mise en scène loufoque et maitrisée est à absolument découvrir. Ne passez pas à côté d’une œuvre destinée à devenir culte, dans le vrai sens du terme.

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